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Salariés, quelle place dans l'entreprise ? - Parti Socialiste, Indre et Loire

Salariés, quelle place dans l’entreprise ?

La Fédération mercredi 12 mai 2010

Une conférence citoyenne animée par Marylise Lebranchu

A l’initiative de la Fédération socialiste d’Indre-et-Loire, dans le cadre des débats de la Convention du PS sur un nouveau modèle de développement économique, social et écologique, Marylise Lebranchu, Garde des Sceaux dans le gouvernement de Lionel Jospin entre 2000 et 2002, mais aussi Secrétaire d’Etat aux PME, commerce et artisanat sur la période 1997-2000, a animé le 11 mai à l’Hôtel de Ville de Tours une conférence-débat sur le thème : « Salariés, quelle place dans l’entreprise ? ».

Marilyse Lebranchu a présenté ensuite l’approche nouvelle du PS sur la valorisation du travail dans l’entreprise, l’une des priorités essentielles qui incombera à la Gauche après la reconquête attendue du pouvoir national en 2012, en développant plus particulièrement avec chaleur et conviction, les points suivants devant près d’une centaine d’auditeurs attentifs :

- la Convention intervient dans un contexte économique, national, européen, international très difficile, et nombre de nos concitoyens se réfugient aujourd’hui dans l’abstention, en nous disant : « Vous ne pourrez rien faire, les contraintes sont trop fortes et insurmontables ». Notre devoir de socialistes est de répondre à la désespérance, par un travail exigeant sur nous-mêmes ; avec les orientations que nous portons aujourd’hui, nous réaffirmons -enfin- nos valeurs en retrouvant nos fondamentaux pour tracer devant les Français une perspective crédible, qui ne cède plus au « syndrome de Stockholm » en renonçant à un accompagnement résigné aux politiques néolibérales.

- La droite aujourd’hui, gouvernementale et patronale, ne veut plus du salariat (comme le disait crûment Denis Kessler (MEDEF) en 2007 : « tous les acquis du programme du Conseil National de la Résistance en 1945 sont à remettre en cause »). Son objectif est de sortir le capital de l’entreprise pour le réinvestir dans les services procurant une rente plus élevée sur le court terme, sans les contraintes de la production ; la précarisation du travailleur est bien illustrée par la mise en place récente du « statut » d’auto-entrepreneur.

Face à cette politique de régression sans précédent, la gauche, et nous socialistes au premier rang, devons porter notre modèle et nos propositions pour le retour au plein emploi :

- il faut s’appuyer en confiance sur le salariat qui est lucide dans l’entreprise, pour bénéficier de son approche reposant sur l’expérience à tous les niveaux de responsabilité ; le salarié doit redevenir avec nous un acteur de l’entreprise, y compris dans les PME et même dans les TPE, par bassin d’emploi si nécessaire, avec le soutien de la réglementation si cela est nécessaire. Une nouvelle organisation en ce sens peut influer sur la compétitivité par la prise en compte, en cas de sous-traitance délocalisée, du coût du transport, des risques du transfert du savoir-faire, et d’inadéquations fréquentes des produits fournis. Les régions doivent elles-mêmes s’investir pour la reprise d’entreprises en difficultés, par exemple sous la forme de SCOP, où l’actionnariat ou la propriété ne sont pas rémunérés. Il en va de même, par exemple dans le secteur de l’assurance, où les mutuelles sont très souvent plus performantes que les compagnies privées.

- la réhabilitation du code du travail, et celui de l’engagement syndical seront des impératifs prioritaires, par le soutien législatif et réglementaire :

> le droit du travail doit retrouver son rôle protecteur du salarié (contre l’allongement insidieux du temps de travail, contre la flexibilité, dont l’extension du travail le dimanche est un exemple à remettre en cause),

> il faudra retrouver dans l’entreprise, avec l’amélioration des conditions de travail, la qualité du respect et de la reconnaissance de l’individu,

> la qualification résultant de l’expérience devra être reconnue par une meilleure prise en compte des parcours professionnels, avec la promotion par le soutien régional de la Validation des Acquis (VAE),

> le droit à la formation, maintenu en cas de changement d’employeur, contribuera à la sécurisation de ces parcours,

> la garantie du salaire et la hausse des rémunérations les plus faibles seront au cœur de notre engagement pour un meilleur partage des richesses. Le financement des retraites impliquera bien sûr, la taxation du patrimoine (les placements immobiliers sont aujourd’hui une caricature flagrante des niches fiscales), ainsi que des revenus du capital.

- notre implication résolue en faveur du salariat dans l’entreprise devra impérativement être relayée au niveau européen, par l’intermédiaire du PSE, pour qu’une production aujourd’hui mondialisée ne puisse plus s’affranchir d’indispensables normes sociales et environnementales dans les échanges.

Pour instaurer un monde nouveau reposant sur la solidarité, les solutions existent, il nous appartient, à nous les socialistes, dès maintenant, de les rendre crédibles

Plusieurs questions émanèrent ensuite d’un public exprimant son attente des solutions avancées par le PS sur la question centrale du travail :

- les agents du service public (fonctionnaires, fonction territoriale) expriment leur malaise devant la réduction importante de leurs champs de compétence, moyens d’intervention et conditions de travail, rejoignant celles du secteur privé,

- les concessions de services publics sont pour beaucoup d’entre elles remises en cause par Marylise Lebranchu, qui estime qu’une volonté publique peut souvent conduire, lorsque le secteur l’autorise, à une meilleure qualité d’un service rendu en régie,

- les licenciements résultant de la mobilité des placements du capital (du type fonds de pension) ne sont plus supportables, surtout lorsque les entreprises sont globalement bénéficiaires : la réglementation devra permettre de soustraire l’organisation du système productif de la seule « loi » des marchés spéculatifs ; pourquoi ne pas contraindre les employeurs bénéficiaires et licencieurs à régler les cotisations syndicales des salariés dans l’intervalle de leur retour à l’emploi ?

- le PS, lorsqu’il abordera la phase programmatique de son projet ne devra pas ignorer le contrôle par la puissance publique du secteur global de l’énergie,

- les pouvoirs publics devront mieux accompagner les problèmes de « management » et de gestion, dans les TPE et PME notamment, pour améliorer voire pérenniser l’activité de ces dernières qui n’ont souvent pas les moyens ou la capacité d’innover en ce domaine,

- la question du mal-être et de la souffrance au travail des individus devra faire l’objet d’une attention constante, parce que les solidarités sociales sont aussi un élément décisif de la productivité au travail ; même s’il est moins sujet à débat, le mal-être des salariés affecte également les fonctionnaires et les agents des administrations publiques ou territoriales.

Marylise Lebranchu, souscrivant à l’ensemble de ces préoccupations par ses réponses souvent empreintes de son expérience personnelle, engagea l’auditoire à formuler par écrit, auprès de la Fédération socialiste ou sur la Coopol, ses attentes et ses préoccupations, parce que les citoyens et les militants ne doivent plus « s’en remettre », parce que chacun doit redevenir, avec la gauche, acteur du changement.

Socialistes, citoyens, partenaires sociaux et politiques sont invités à poursuivre ces échanges. Pour les alimenter, nous vous invitons à lire le dernier hebdo des socialistes ici

Compte-rendu succinct de la conférence rédigé par Jacky Paris, membre du Bureau fédéral.

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