Sous couvert de vouloir lutter contre l’absentéisme scolaire, l’UMP en profite pour ressortir ses vieilles recettes. Sur fond de délinquance et d’insécurité, le texte proposé par le député UMP Eric Ciotti relève davantage de l’affichage pour les JT de 20h que d’une véritable mesure en faveur de l’éducation pour tous.
En effet, pour résoudre une problématique aussi complexe que l’absentéisme, il se contente de stigmatiser des familles en les privant des allocations familiales sans prendre le temps d’en rechercher les véritables causes. Si pour Nicolas Sarkozy, « comprendre, c’est déjà excuser », Jean-Patrick GILLE considère au contraire que quand on ignore ce qu’on traite, on maltraite !
Créée dès 1966, la suppression des allocations familiales pour lutter contre l’absentéisme a finalement été abrogé par la Droite en 2004 en raison de son inefficacité.
Le Député d’Indre-et-Loire juge cette disposition profondément injuste puisqu’elle ne concerne pas les familles qui n’ont qu’un seul enfant étant donné qu’elles ne perçoivent pas d’allocation familiale, malgré les promesses du candidat Sarkozy. Elle est également inutile eu égard à l’arsenal juridique déjà existant en la matière. Enfin, les exemples étrangers de responsabiliation des parents par la sanction illustrent l’absence de résultat de ces politiques.
Si la proposition Ciotti n’aura aucun effet sur l’absentéisme, elle vise en revanche à remettre en question le principe d’universalité des allocations familiales. En les supprimant, on ne fait qu’accentuer les inégalités existantes et pénaliser doublement des familles déjà souvent grandes perdantes du système. C’est rajouter de la misère à la misère.
Toutefois, l’absentéisme scolaire est une réalité qu’il ne faut pas ignorer. Elle révèle les inégalités sociales de notre système scolaire que seule une véritable politique de l’éducation permettra de combattre efficacement.
Pour Jean-Patrick GILLE, il faut améliorer l’implication des parents dans l’Ecole, réformer le système d’orientation, repenser l’enseignement professionnel (où l’absentéisme est le plus élevé) et avant tout donner les moyens à l’Education nationale d’agir : tout l’inverse de la politique menée actuellement par le Gouvernement...
La proposition de loi visant à lutter contre l’absentéisme scolaire a été débattue mercredi 16 juin au soir. Jean-Patrick GILLE est intervenu au nom du groupe socialiste pour défendre une motion de renvoi en commission.

