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Le président joue la nationalité contre la République - Parti Socialiste, Indre et Loire

Le président joue la nationalité contre la République

Vos Élus jeudi 5 août 2010

Nul n’est dupe. Au cœur de l’été et avant une rentrée qui s’annonce difficile socialement, l’offensive sécuritaire de N SARKOZY poursuit deux objectifs : faire passer au second plan les affaires politico-judiciaires et faire remonter une cote de popularité au plus bas. Et cela, de la pire des manières, en instrumentalisant des faits divers, en chassant sur les terres du Front national, en réprimant à tout va, en méprisant le droit et les libertés de chaque citoyen. En assimilant délinquance et immigration, honteux procédé qui s’apparente à ceux des régimes autoritaires.

Après avoir désignés les Roms à la vindicte publique, le Président propose désormais de déchoir de la nationalité française les personnes ayant des origines étrangères et condamnées pour certains actes (dont la liste s’allonge au fil des jours). Une telle mesure réintroduit une double peine alors qu’il avait lui-même contribué à l’abolir pour les condamnés étrangers, mais surtout est contraire à la Constitution et à la République puisqu’elle introduit une inégalité devant la loi selon la manière dont vous êtes devenu Français, par le sang ou par naturalisation. Or, l’article 1er de notre Constitution déclare les « hommes libres et égaux en droit sans distinction d’origine » ! Soulignons aussi l’extrême sanction d’une telle mesure, la négation de l’être qu’elle implique, si bien qu’actuellement, les conditions de la déchéance sont définies avec une telle précision que les cas sont exceptionnels.

Troisième cible : les jeunes délinquants et leurs parents. Après la suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire répété, le député Eric Ciotti repart à la charge avec un nouveau texte – qui serait présenté à la rentrée à l’Assemblée- ultra-répressif, injuste et qui pourrait être déclaré anticonstitutionnel. Mais peu importe que le fait de condamner les parents à de la prison ferme à la place de leurs enfants soit une aberration dans notre droit... Peu importe que l’arsenal juridique existant soit déjà suffisant pour punir les parents en cas d’abandon d’éducation... Peu importe que les familles concernées soient socialement et économiquement défavorisées... Peu importe que les professionnels chargés de prévenir les actes de délinquance soient privés des moyens de les exercer.. Encore une fois, l’essentiel pour ce pouvoir qui a trahi toutes les espérances est d’afficher cette offensive, cette agitation répressive, de reprendre la main sur le terrain sécuritaire au FN, de produire des chiffres, de désigner des coupables et non pas d’être efficace et juste ! Alors que le parti au pouvoir, qui a la majorité absolue à lui seul, est cerné par les affaires, le président veut se parer des oripeaux du redresseur de tort en écornant les principes qui fondent notre République.

Lui, le fils d’émigré d’Europe de l’Est ouvre la chasse aux Roms comme aux pires heures de l’histoire de l’Europe, lui, devenu Président d’une République qui ne distingue pas ses enfants selon leurs origines ou leur religion, il oppose des catégories de Français alors que son rôle est de rassembler. Comme si le désastreux débat sur l’identité nationale n’avait pas suffi, avec sa majorité, il le relance aux nouveaux frais et péril de la République !

Comment des personnalités telles que B. KOUCHNER, JM. BOCKEL, F. AMARA peuvent-elles rester dans un gouvernement qui propose de telles mesures, dictées par un Président qui au mieux méconnaît les principes de notre République et au pire les trahit ?

Jean-Patrick GILLE, député d’Indre-et-Loire

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