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Travail-emploi : un budget de contre-vérités par JP GILLE - Parti Socialiste, Indre et Loire

Travail-emploi : un budget de contre-vérités par JP GILLE

Vos Élus vendredi 5 novembre 2010

Contre-rapporteur du budget travail-emploi pour le groupe socialiste, Jean-Patrick GILLE démasque les baisses massives du budget de l’emploi.

Un budget de mensonges.

Premier mensonge : le Gouvernement donne l’illusion d’un maintien des crédits par rapport à 2010. Or, si les crédits du budget de l’emploi semblent maintenus, ils subissent en réalité une diminution en crédits de paiement de 13%. En effet, pour comparer les deux exercices, il convient de se rappeler que l’an passé le budget était abondé à hauteur de 1,8 milliards d’€ par les crédits du plan de relance qui ont cette année disparus.

Mensonge toujours sur les chiffres du chômage. Contrairement à l’annonce d’une reprise de l’emploi, il s’agit simplement d’un ralentissement de la progression largement dû à l’utilisation des contrats aidés marchands et non marchands. Sur les contrats aidés, le Gouvernement fait preuve d’opacité et d’hypocrisie ; massivement utilisés au premier semestre 2010, leur utilisation est désormais fortement freinée notamment pour les jeunes, et le nombre d’entrées va baisser de 200 000 en 2011. Cette politique de stop and go du Gouvernement a des conséquences désastreuses sur les publics ciblés et les associations, en particulier celles du secteur de l’insertion par l’économie.

Entourloupes : le Gouvernement fait les poches des fonds paritaires.

Depuis quelques temps, le Gouvernement a pris la fâcheuse habitude de se servir dans les fonds paritaires pour financer ses propres politiques :

  • Ponction illégale de 300 millions d’€ du FPSPP.
  • Renvoi à la renégociation de la convention Unédic du financement des nouvelles entrées dans l’AER, l’AFDEF et les CTP, et pourquoi pas demain de l’ASS ?
  • Transfert des compétences à l’AGEFIPH sans compensation Tous en font les frais au détriment des missions pour lesquelles ils ont été crées.

L’Etat se désengage du service public de l’emploi.

Et quand le Gouvernement ne s’en prend pas aux fonds paritaires, il n’hésite pas à abandonner clairement et simplement des dispositifs comme il le fait en continuant son désengagement de l’AFPA.

A noter que le transfert des psychologues à Pôle emploi se révèle d’ors et déjà être un échec et que celui du patrimoine est juridiquement bloqué, comme cela était prévisible. La plus grande opacité règne sur la gestion de Pôle emploi, dont les salariés seront en grève le 9 novembre. En effet, les moyens financiers prévus lors de la fusion en 2008 se sont pas totalement mobilisés alors que la situation du marché du travail l’exige. De plus, l’annonce de la suppression de 1800 emplois en 2011 ne peut que choquer au moment où le nombre de demandeurs d’emploi suivis par conseiller explose.

Enfin, les crédits destinés aux jeunes et aux seniors, présentés comme des publics prioritaires par le Gouvernement, sont très nettement en baisse ou pas à la hauteur des enjeux. Par exemple, pour les jeunes, cela se concrétisera par le départ des 1000 conseillers venus renforcer les Missions Locales. Ainsi, pour satisfaire ses objectifs de réduction de la dépense publique, le Gouvernement fait comme si la crise était finie et réalise des coupes sombres dans des budgets pourtant considérés comme indispensables à une véritable politique de l’emploi ; la mission travail-emploi concentre un tiers des restrictions des dépenses publiques !

Pour le groupe socialiste, ce budget se caractérise par des baisses considérables des actions sur l’ensemble des publics en difficulté et les plus fragiles (jeunes, seniors, handicapés) et un désengagement de l’Etat du financement des opérateurs du service public de l’emploi (Afpa, Pôle emploi, Missions Locales, Maison de l’emploi) alors que la remise en cause de l’exonération et de la défiscalisation des heures supplémentaires, dont le coût avoisine les 4 milliards d’euros, permettrait de construire une véritable politique de l’emploi et du travail.

Parti Socialiste, Indre et Loire

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